| Suite et fin de mes aventures Astronautouresques
et je peux dire : Ouf, enfin un concert digne du nom qui l'accompagne.
Je vais donc passer les détails logistiques, les presque 3.000
km parcourus en voiture en 4 jours et les peu d'heures de sommeil. Même
si la fatigue physique commençait à se faire sentir, l'adrénaline
est toujours un puissant chargeur de batteries. Le dimanche au réveil
je me demandais
si j'allais aller à Madrid ou pas (non pour la fatigue mais bien
pour mon état d'esprit), heureusement que finalement c'est le oui
qui a gagné. La déception passagère n'est pas une
raison pour baisser les bras. J'ai effleuré la plus grosse crise
Duranienne de ma vie, pire que lorsque j'ai appris par la presse le départ
de Roger et plus tard celui de John. Si le troisième concert n'avait
pas été ce qu'il a été je crois que j'aurais
interrompu la lutte pendant un bon bout de temps. Je l'ai senti passer
très près.
Arrivé à Madrid, j'ai laissé mes
affaires à l'hôtel et me suis dirigé à la Riviera.
J'étais blindé contre une troisième déception.
Cette fois, plus rien ne pouvait m'atteindre, je m'attendais au pire.
Et là quelle ne fût pas ma surprise de voir une queue de
200 mètres devant l'entrée (je suis arrivé vers 17h00
en pensant qu'il n'y aurait personne). Ca m'a remonté le moral
à fond, en plus tout le monde avait son t-shirt DD. J'y ai retrouvé
les amis que j'avais connus la veille à San Javier, ce qui m'a
permis de me glisser au début de la queue. Je sais c'est ignoble
mais bon, on dira que mes amis gardaient
ma place, je l'aurais pas fait sinon. Et là l'attente était
vraiment
agréable, au loin on entendait de temps en temps une voiture qui
arrivait vitres baissées avec Wild Boys ou Skin Trade à
fond, ce qui fait toujours chaud au cour.
Une fois les portes ouvertes nous nous sommes dirigés
vers la scène mais malheureusment il y avait déjà
pas mal de monde tout contre. Nous étions donc à 2 ou 3
mètres du bord. Pour vous décrire un peu la Riviera c'est
une discothèque en forme d'hexagone sur 2 niveaux, la piste en
bas et un deuxième niveau en balcon supérieur, je dirais
approximativement que la capacité est de un peu moins de 3.000
personnes. En plein centre de la piste se trouve un bar circulaire avec
deux palmiers dedans. La scène se trouvait sur un des 6 côtés,
ce qui réduit pas mal l'espace vital sur scène. Donc les
écrans
étaient cette fois-ci 3 au lieu de 4 et encore plus bas, le toît
n'est pas trop haut non plus.
Néanmoins, l'ambiance était magique, l'air
sentait Duran Duran et contaminait les regards, les attitudes et les gestes,
une plaie
agréable. Enfin, j'étais à un vrai concert de DD.
Petit à petit la
salle s'est remplie de partout et le concert à commencé.
Le public était très chaud, ça gueulait de tous côtés
et le courant passait très bien entre les fans et le groupe. Leur
attitude sur scène était très différente des
premiers soirs. Ils ont vraiment donné tout ce qu'ils avaient dans
leurs trippes malgré le peu d'espace sur scène. A la fin
de Hold Back The Rain John était déchaîné,
Simon bondissait de tous les côtés, Andy ne quittait pas
sa clope légendaire. Roger était invisible et Nick, bien
que visible, était aussi invisible comme toujours, même pendant
son « solo » de charmeur de serpent.
Définitivement, j'avais déjà ressenti
ça à Wembley et cette fois
encore, celui qui m'a impressionné le plus, désolé
Andy, c'est Simon.
Et je peux dire que c'est vrai qu'il s'améliore avec le temps.
Ce mec est vraiment trop. Un comédien né. Il n'arrêtait
pas de jouer avec le public, si je voulais exagérer je dirais que
j'ai assisté à un concert de Simon et les Durans, mais c'est
tellement Simon a un pouvoir d'attraction incroyable. Son regard est unique,
je suis littéralement tombé amoureux de lui, il n'y a aucun
mot pour définir cet envoûtement. Monsieur Lebon est vraiment
bon et c'est à ce moment-là qu'on réalise son importance
dans le groupe. Quand il ouvre grand les yeux en fixant le fond, quand
il fait la moue, quand il crache
son eau sur notre tête, quand il se jette dans le public en
gueulant : « SIIIMOOOOON LE BOOOOOOOOON ». Quand il se fâche
sur quelqu'un qui lui a lancé je ne sais quoi. Quand il s'arrête
au bord de la scène et fixe un fan dans les yeux pendant plusieurs
secondes.
Il connaît ses charmes et sait les utiliser pour séduire
les foules. Encore une fois il m'a conquis. Autant à tous les concerts
que j'ai assisté de 1987 à 1994 c'était John qui
m'impressionnait, depuis Wembley 2004 Simon est devenu mon gros coup de
cour. Il a la rage et parvient à maitriser la subtilité
théâtrale spontanée à merveille.
Pour la qualité musicale, impeccable. Tous les
5 étaient en parfait accord, excellente accoustique de salle, Andy
laissait tomber une fausse note ci et là, rien de nouveau, ça
fait partie du personnage.
Que serait Andy sans clope, lunettes noires et fausse note ? C'est pour
ça que je t'aime et bien plus.
Nice a la pêche, c'est un des morceaux qui passe
le mieux en live.
Astronaut donne aussi très bien mais un peu moins. Je me suis même
surpris à verser une larme sur Save a Prayer. C'est à ce
moment-là que reviennent à la tête les images de As
The Lights Go Down.
Le public présent avait l'air de très bien connaître
le groupe et
tout son répertoire, nouvelles et anciennes. Girls on film et Rio
fermaient la session en apothéose. Toute cette puissance, cette
énergie, on avait l'impression que le spectacle poussait de toutes
ses forces les murs et le toît de la salle pour s'étendre
à l'infini.
Donnez-leur un stade et ils le font exploser. Duran Duran est
définitivement un groupe de stade, c'est dommage que tout ce
potentiel ne soit pas exploité à sa juste mesure et soit
enfermé dans ces endroits minuscules. Leur musique est faite pour
être entendue jusqu'au firmament. Fasse le ciel que justice soit
faite un jour.
En ce moment j'envie ceux qui sont sur le point de vivre
ce moment. En le racontant j'ai plein de frissons dans le dos.
Ce fut donc une excellente expérience, un moment
à ne pas oublier. A la sortie, petit t-shirt, mouse pad et porteclés
de souvenir et bye bye Duran et à bientôt j'espère. |